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  Qu'entend-on par violence contre les femmes ?
Qui en sont les victimes ?
Pourquoi persiste-t-elle ?
Sexualité et violence
Culture, environnement social et violence
Pauvreté et violence
La violence contre les femmes doit être prise en compte
(Faits et chiffres : synthèse)

© AI - Lancement de la campagne à Reykjavik en Islande.

Qu'entend-on par violence contre les femmes ?

Amnistie internationale fonde son travail sur la définition figurant dans la Déclaration des Nations unies sur l'élimination de la violence à l'égard des femmes :

Les termes violence à l'égard des femmes désignent tous actes de violence dirigés contre le sexe féminin, et causant ou pouvant causer aux femmes un préjudice ou des souffrances physiques, sexuelles ou psychologiques, y compris la menace de tels actes, la contrainte ou la privation arbitraire de liberté, que ce soit dans la vie publique ou dans la vie privée.

La violence fondée sur le genre est la violence exercée contre une femme parce qu'elle est une femme ou celle qui touche particulièrement les femmes.

Selon certaines interprétations progressistes de cette définition, les omissions - privations ou déni de soins - peuvent constituer des actes de violence contre les femmes. L'on considère également que la violence dirigée contre les femmes inclut la violence structurelle (c'est-à-dire un préjudice découlant de l'organisation de l'économie).

Les actes de violence contre les femmes peuvent être physiques, psychologiques ou sexuels.


La violence dans le cadre familial

Elle revêt plusieurs aspects :

  • les coups et blessures volontaires infligés par un compagnon, un père ou un frère ;
  • les violences sexuelles infligées à des fillettes ou à des jeunes femmes par des membres de la famille au sein du foyer ;
  • la violence liée à la pratique de la dot ;
  • le viol conjugal ;
  • les mutilations génitales féminines et les autres pratiques traditionnelles préjudiciables aux femmes.

Elle recouvre également les violences subies par les employées de maison, y compris :

  • la réclusion forcée ;
  • les violences physiques ;
  • les pratiques s'apparentant à l'esclavage ;
  • les violences sexuelles.

La violence dans le milieu social

Elle comprend :

  • le viol et les autres formes de violence sexuelle, le harcèlement sexuel sur le lieu de travail, dans les établissements d'enseignement et dans les autres lieux ;
  • la traite des femmes ;
  • la prostitution forcée ;
  • le travail forcé ;
  • le viol et les autres formes de violence sexuelle commises par des groupes armés.

 

La violence imputable à l'État

Elle comprend :

  • les actes de violence commis ou tolérés par des policiers, des gardiens de prison, des militaires, des agents de la police des frontières ou des services de l'immigration ;
  • les viols commis par les forces gouvernementales au cours de conflits armés ;
  • la torture en détention ;
  • les actes de violence infligés à des réfugiées par des fonctionnaires.

 

 

Qui en sont les victimes ?

Une forme de violence universelle

Il est facile de penser que les atteintes aux droits humains n'arrivent qu'aux autres, particulièrement dans des régions où sévit un conflit ou la répression. Or, en réalité, la violence contre les femmes ne se limite pas à un système politique ou économique en particulier : on la trouve dans toutes les sociétés du monde et elle ignore les barrières de la richesse, de la race ou de la culture. Elle touche aussi bien les jeunes que les plus âgées. Où que l'on vive, des femmes sont victimes de violences.


Des ravages à long terme

Les conséquences de la violence contre les femmes vont bien au-delà des souffrances physiques immédiates. Certaines femmes en subissent toute leur vie les séquelles. Parfois, les femmes qui ont été violées ont à supporter une grossesse non désirée, sont infectées par le VIH ou rejetées par leur communauté. Parmi les effets à long terme de la violence à l'encontre des femmes, on peut citer l'alcoolisme, la toxicomanie, la dépression, d'autres formes de troubles mentaux et le suicide.

Des répercussions à l'échelle de la société

Les répercussions de la violence contre les femmes se font sentir au niveau familial comme au niveau de la société. Les enfants en pâtissent particulièrement.

La violence, qu'elle soit effective ou à l'état de menace, crée une atmosphère lourde où la peur est omniprésente ; elle limite l'horizon des femmes dans tous les domaines. Lorsque la vie des femmes est ainsi étouffée par la peur et la violence, la société s'en trouve appauvrie économiquement, politiquement et culturellement.

 

Grace Patrick Akpan a été interpellée par des policiers pour vérification d'identité à Catanzaro, en Italie, en février 1996. Comme elle leur déclarait être citoyenne italienne, ils lui ont répondu qu'"une femme noire ne [pouvait] être citoyenne italienne" et l'un d'eux l'a décrite sur les ondes de la radio de police comme "une prostituée de couleur". Elle a été brutalisée par les policiers et a dû passer deux semaines à l'hôpital après sa libération. En octobre 1999, plus de trois ans après, les policiers responsables ont été déclarés coupables d'abus de pouvoir et de mauvais traitements. Ils n'ont cependant été condamnés qu'à deux mois de mise à l'épreuve.

 


Pourquoi persiste-t-elle ?


Discrimination
La cause profonde de la violence à l'égard des femmes réside dans la discrimination liée au genre - le refus de l'égalité entre hommes et femmes dans tous les aspects de la vie.

Les femmes peuvent également être prises pour cible en raison de leur race, de leur niveau social, de leur milieu culturel, de leur identité sexuelle ou de leur contamination par le VIH, ou encore parce qu'elles appartiennent à des milieux pauvres ou marginalisés.


Domination
Certains hommes usent de la violence pour dominer les femmes, en particulier à travers le contrôle de leur sexualité. Les femmes qui ne se conforment pas aux normes en vigueur relatives à la féminité s'exposent souvent à de sévères châtiments.


Société
La violence contre les femmes n'est ni "naturelle" ni "inévitable" ; elle persiste car la société le permet. Quasiment chaque culture comprend une forme de violence à l'égard des femmes qui passe pratiquement inaperçue car elle semble normale ou acceptable.


Conflits armés
Dans les conflits armés, la violence contre les femmes est souvent une arme de guerre : elle est utilisée pour les déshumaniser ou pour persécuter la communauté à laquelle elles appartiennent.

Les femmes qui fuient leur domicile pour échapper à la violence ou à un conflit, ou encore dans l'espoir de trouver ailleurs une vie meilleure, risquent souvent, n'étant pas assez ou pas du tout protégées, d'être maltraitées ou exploitées.


Impunité
La violence contre les femmes se poursuivra tant qu'elle restera cachée, jugée avec indulgence ou passée sous silence par la société et les autorités, et tant que les auteurs de ces violences ne seront pas soumis à des sanctions.

 

Dans le Pendjab, au Pakistan, Mukhtaran Bibi, une Pakistanaise âgée de trente ans, a été condamnée en juin 2002 par un "tribunal tribal" à subir un viol collectif. La condamnation sanctionnait la "liaison illicite" de son frère cadet avec une jeune fille d'une autre tribu considérée comme supérieure dans la hiérarchie tribale. Plusieurs centaines de villageois ont assisté au châtiment. Ce n'est qu'après qu'un religieux local eut mentionné l'affaire et qu'un journaliste s'en fut emparé que la police locale est intervenue.

 


Sexualité et violence

Pour dominer les femmes, les hommes utilisent souvent un moyen très efficace qui consiste à contrôler leur sexualité. Celles qui transgressent les normes conventionnelles de la féminité - telles que les lesbiennes ou les femmes qui ont fait le choix de l'indépendance - s'exposent souvent à des châtiments sévères. La sanction est fréquemment sexualisée, comme dans le cas du viol par exemple.

Les droits en matière de reproduction - le droit aux soins de santé génésique et le droit à l'autonomie en matière de procréation - sont essentiels pour les femmes car ils leur permettent de choisir leur vie. Les femmes ont le droit de décider librement et en toute responsabilité du nombre de leurs enfants, de l'espacement de leurs naissances et du moment de leur naissance. Elles ont droit à des soins de la meilleure qualité possible en matière de santé sexuelle et génésique. Cela suppose qu'elles puissent avoir accès aux soins de santé ainsi qu'à des informations et à une éducation en ce qui concerne la contraception. Les femmes ont le droit de prendre des décisions dans ce domaine en dehors de toute contrainte, de toute discrimination et de toute violence.


"Ils m'ont enfermée dans une pièce et ils l'ont amené chaque jour pour qu'il me viole et pour que je tombe enceinte et que je sois forcée de l'épouser. Ils m'ont fait cela jusqu'à ce que je me retrouve enceinte." Témoignage d'une jeune lesbienne du Zimbabwe que sa famille a enfermée et fait violer par un homme plus âgé afin de "corriger" son orientation sexuelle.

 


Culture, environnement social et violence

Partout dans le monde, les fonctions et rôles sociaux des femmes sont fixés. Chaque culture possède une façon caractéristique de définir les rôles des deux sexes. Les femmes sont presque toujours cantonnées dans des rôles secondaires par rapport à ceux des hommes. Et la violence est fréquemment utilisée pour faire respecter ces rôles.

Les institutions sociales et politiques encouragent parfois la soumission des femmes et les violences dont elles sont victimes. Certaines traditions et pratiques culturelles - particulièrement celles qui sont liées aux notions de pureté et de chasteté - sont parfois invoquées pour expliquer ou excuser le traitement infligé aux femmes. On trouve pratiquement dans toutes les cultures des formes de violence contre les femmes, mais cette violence est difficilement perceptible car elle passe pour "normale".

Le comportement d'une femme est souvent considéré comme reflétant les qualités de sa famille ou de son milieu social. Si une femme semble outrepasser le rôle culturel qu'on lui a attribué, elle peut être accusée d'avoir jeté la honte et le déshonneur sur sa famille et sur son milieu. La violence ou les menaces constituent alors une méthode de sanction et de contrôle. Dans les cas les plus extrêmes, la femme peut être défigurée ou même tuée. Ces prétendus "crimes d'honneur" sont traités avec une certaine indulgence dans le code pénal de nombreux pays.

Même dans les pays dont la législation criminalise la violence contre les femmes, on constate que cette dernière est parfois tolérée à tous les niveaux de la société.

 

D'après l'organisation non gouvernementale Human Rights Commission of Pakistan (HRCP, Commission des droits humains du Pakistan), qui a fondé son étude sur des rapports de police, au moins 270 femmes ont été victimes de "crimes d'honneur" - commis en général par leur mari ou leur frère - en 2002, dans la seule province du Pendjab.

Certaines d'entre elles ont été tuées parce qu'elles avaient protesté contre un mariage forcé ou revendiqué le droit de choisir leur époux ; et d'autres pour bien moins que cela, par exemple pour un regard interprété comme la preuve d'une relation illicite.

 

 

Pauvreté et violence

Partout dans le monde, les femmes sont plus fréquemment victimes de la pauvreté que les hommes. En outre, la pauvreté qu'elles subissent est plus grande que celle des hommes, et un nombre croissant de femmes en sont victimes. Les effets négatifs de la mondialisation contraignent de plus en plus de femmes à la marginalité.

La pauvreté peut être à la fois la cause et la conséquence de la violence contre les femmes. Quelle que soit leur catégorie socio-économique, toutes les femmes peuvent un jour être victimes, de la part de leur compagnon, de violences physiques, sexuelles et psychologiques ou de privations. Cependant, selon un rapport récent de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), les femmes vivant dans la pauvreté représentent une part disproportionnée des victimes.

Le manque d'autonomie économique, la privation du droit à la propriété ou de l'accès au logement et la crainte de perdre leur(s) enfant(s) font que peu de femmes se risquent à affronter les terribles conséquences qu'entraînerait leur décision de quitter une situation de violence ou de tenter d'obtenir justice auprès d'un système judiciaire parfois discriminatoire ou indifférent à leur égard.

Flor, travailleuse immigrée originaire des Philippines et âgée de quarante-huit ans, travaillait en Arabie saoudite. Elle a rapporté à Amnistie internationale qu'elle s'était blessée au dos en tentant de s'enfuir du domicile d'un employeur qui abusait d'elle. Après un séjour trop court à l'hôpital, elle a été emprisonnée pendant cinq mois. "Lorsque je suis arrivée en prison, a raconté Flor, je ne pouvais pas marcher, je devais ramper."


 

La violence contre les femmes doit être prise en compte

Faits et chiffres : synthèse
Les statistiques suivantes soulignent la gravité et l'ampleur du problème de la violence contre les femmes à travers le monde. Toutefois, ces chiffres ne reflètent pas l'étendue de cette atteinte aux droits humains. Ils ne peuvent tout englober et ne sont pas exhaustifs ; ils sont donc à interpréter avec précaution. On constate un manque de recherches systématiques et de statistiques sur la violence contre les femmes. De nombreuses femmes n'en parlent pas - par honte, parce qu'elles craignent qu'on ne les écoute avec scepticisme, qu'on ne les croit pas ou par peur de nouvelles violences. Le fait qu'on ne parle pas de ce problème dans certains pays et qu'on en parle abondamment dans d'autres ne signifie pas qu'il s'agit d'un problème spécifique à certains pays. Au contraire, cela souligne la nécessité de faire des recherches plus approfondies, afin d'étudier le phénomène et d'y remédier.


UN VILLAGE MONDIAL
Comment la violence contre les femmes apparaîtrait-elle dans un monde à l'échelle d'un village mondial de 1000 habitants ? (les chiffres sont basés sur des statistiques des Nations unies, de l'OMS, et d'organisations gouvernementales et non-gouvernementales).

  • 500 sont des femmes. Ce devrait être 510, mais 10 ne sont pas nées du fait des avortements sélectifs basés sur le sexe du bébé à venir, ou sont mortes dans les premières années de leur vie par manque de soins;
  • 300 sont des femmes asiatiques;
  • 167 femmes seront battues ou exposées à des violences au cours de leur vie;
  • 100 femmes seront victimes de viol ou de tentative de viol durant leur vie.

LES FEMMES ET LA POPULATION

  • 49,7 p. cent de la population mondiale sont des femmes : 3 132 342 000 femmes ; 3 169 122 000 hommes (Nations unies. Division de la population).
  • Au moins 60 millions de filles qui auraient dû vivre " manquent à l'appel " dans diverses populations du fait d'avortements sélectifs liés au sexe du bébé à naître ou d'un manque de soins, parce qu'elles sont perçues comme moins importantes que les garçons (E. Joni Seager, 2003).

VIOLENCE AU SEIN DE LA FAMILLE
La violence au sein de la famille se présente sous différentes formes - et va de l'agression physique (gifles, coups, coups de pied) à la violence psychologique (intimidation, infantilisation constante et humiliations, notamment sous forme de comportements de contrôle, par exemple en isolant une personne de sa famille et de ses amis, en contrôlant et restreignant ses mouvements et son accès à l'information ou à toute forme d'aide).

À travers le monde

  • Au moins une femme sur trois, c'est-à-dire près d'un milliard de femmes ont été battues, contraintes à des rapports sexuels ou victimes de violence sous une forme ou sous une autre au cours de leur vie. Habituellement l'auteur des violences est un membre de leur famille ou quelqu'un de leur connaissance (L.Heise, M. Ellsberg, M. Gottemoeller, 1999).
  • Jusqu'à 70 p. cent des femmes victimes de meurtre ont été tuées par leur partenaire homme (OMS 2002)
  • Au Kenya, plus d'une femme par semaine aurait été tuée par son partenaire homme (Joni Seager, 2003)
  • En Zambie, cinq femmes par semaine auraient été tuées par un partenaire homme ou un membre de leur famille (Joni Seager, 2003)
  • En Égypte, 35 p. cent des femmes auraient déclaré avoir été battues par leur mari au cours de leurs années de mariage (UNICEF 2000)
  • En Bolivie, 17 p. cent de toutes les femmes âgées de vingt ans et plus ont subi des violences physiques au cours des douze derniers mois (OMS 2002)
  • Au Canada, le coût de la violence au sein de la famille, calculé en incluant les soins médicaux et la perte de productivité, s'élève à 1,6 milliard de dollars par an (UNICEF 2000)
  • Aux États-Unis, une femme est battue par son mari ou partenaire toutes les quinze secondes (étude des Nations unies sur les femmes dans le monde, 2000)
  • Au Bangladesh, 50 p. cent de tous les meurtres commis sont ceux de femmes assassinées par leur partenaire (Joni Seager 2003)
  • En Nouvelle-Zélande, 20 p. cent des femmes ont déclaré avoir été frappées ou avoir été victimes de violences physiques par un partenaire homme (UNICEF 2000)
  • Au Pakistan, 42 p. cent des femmes acceptent la violence comme un fait de leur destin ; 33 p. cent se sentent impuissantes à réagir ; 19 p. cent ont protesté et 4 p. cent ont réagi en menant des actions (Étude gouvernementale au Punjab en 2001)
  • En Fédération de Russie, 36 000 femmes sont battues quotidiennement par leur mari ou partenaire, selon des organisations russes non-gouvernementales (OMCT 2003)
  • En Espagne, une femme a été tuée tous les cinq jours par son partenaire homme en 2000 (Joni Seager, The Atlas of Women)
  • Environ deux femmes par semaine ont été tuées par leur partenaire au Royaume-Uni (Joni Seager 2003)

VIOLENCE SEXUELLE
Le viol est la forme la plus violente de violence sexuelle. Le viol est également associé aux grossesses non désirées et aux maladies sexuellement transmissibles, notamment le HIV/SIDA. Toutefois, les viols sont souvent passés sous silence du fait de la stigmatisation qu'ils impliquent et sont encore plus souvent impunis.

À travers le monde

  • Une femme sur cinq sera victime de viol ou de tentative de viol au cours de sa vie (OMS 1997)
  • En Afrique du Sud, 147 femmes sont violées chaque jour (South African Institute for Race Relations, 2003)
  • Aux États-Unis, une femme est violée toutes les 90 secondes (Ministère américain de la Justice, 2000)
  • En France, 25 000 femmes sont violées chaque année (Lobby européen des femmes, 2001)
  • En Turquie, 35,6 p. cent des femmes subissent des viols conjugaux parfois et 16,3 p. cent souvent (études publiées en 2000, Women and sexuality in Muslim societies [Femmes et sexualité dans les sociétés musulmanes], Éditions WWHR, Istanbul, 2000)

LES FEMMES ET LA GUERRE
La violence contre les femmes atteint des proportions épidémiques lors des conflits. Les viols en masse sont fréquemment utilisés de façon systématique, comme arme de guerre. De plus, au cours des conflits, de nombreuses femmes sont contraintes économiquement et physiquement à se prostituer, parfois pour pouvoir apporter à leur famille les nécessités de base. La guerre a également un impact sur les femmes d'une autre manière - les femmes et les enfants constituent la majorité des réfugiés et personnes déplacées.

À travers le monde

  • 80 p. cent des réfugiés sont des femmes et des enfants (HCR, 2001)
  • Des millions de femmes et d'enfants se retrouvent pris dans 34 conflits armés communautaires, ethniques, politiques et/ou internationaux à travers le monde (selon toutes les instances actives d'observation des conflits armés au 1er janvier 2003, CSP - Centre for Systemic Peace)
  • Des trafics de femmes et de jeunes filles ont été signalés dans 85 p. cent des zones de conflit (Save the Children, 2003)
  • En République démocratique du Congo, 5000 cas de viols, ce qui correspond à une moyenne de 40 par jour, ont été enregistrés dans la région d'Ulvira par des associations de femmes depuis octobre 2002 (Nations unies, 2003)
  • Au Rwanda, entre 250000 et 500000 femmes, soit environ 20 p. cent des femmes ont été violées durant le génocide de 1994 (rapport de la Croix-Rouge internationale, 2002)
  • En Sierra Leone, 94 p. cent des foyers déplacés interrogés avaient subi des agressions sexuelles, notamment des viols et des actes de torture ou avaient été soumis à un esclavage sexuel (Physicians for Human Rights (Médecins pour les droits de l'homme), 2002)
  • En Irak, au moins 400 femmes et jeunes filles, certaines âgées de huit ans seulement, auraient été violées à Bagdad pendant ou après la guerre, depuis avril 2003 (enquête de Human Rights Watch, 2003)
  • Tous les 14 jours une femme colombienne est victime de " disparition forcée " selon le rapport 2001 du Groupe de travail sur les femmes et les conflits armés (Fonds de développement des Nations unies pour la femme, UNIFEM, 2001)
  • Environ 250 000 Cambodgiennes ont été contraintes au mariage entre 1975 et 1979. En moyenne, deux mariages de groupe pourraient avoir eu lieu dans chaque village cambodgien sous le régime des Khmers rouges (UNIFEM)
  • En Bosnie-Herzégovine, entre 20 000 et 50 000 femmes ont été violées au cours des cinq mois de conflit en 1992 (IWTC, International Women's Tribune Centre (Centre de la tribune internationale de la femme, CITF, Women's GlobalNet #212, 23 octobre 2002).
  • Dans certains villages du Kosovo, 30 à 50 p. cent des femmes en âge d'avoir des enfants ont été violées par des hommes des forces serbes (Amnistie internationale, 27 mai 1999).

PRATIQUES NÉFASTES
Dans presque toutes les cultures du monde, on trouve des formes de violence contre les femmes qui sont presque invisibles tellement elle semblent " normales " ou " habituelles ".


À travers le monde

  • Plus de 135 millions de petites filles et de femmes ont subi des mutilations génitales et deux autres millions risquent chaque année de subir le même sort (6000 femmes et fillettes par jour) (Nations unies, 2002)
  • 82 millions de filles actuellement âgées de dix à dix-sept ans seront mariées avant leur dix-huit ans (Fonds des Nations unies pour la population)
  • Dans plus de 28 pays d'Afrique, on pratique les mutilations génitales féminines (Amnistie internationale, 1997)
  • Au Niger, 76 p. cent des jeunes femmes les plus pauvres seront mariées avant leurs dix-huit ans (Fonds des Nations unies pour la population, 2003)
  • 97 p. cent des femmes mariées en Égypte âgées de 15 à 49 ans ont subi des mutilations génitales (enquête OMS, 1996)
  • En Iran, 45 femmes de moins de vingt ans ont été tuées dans ce qu'on qualifie de " crimes d'honneur ", par des membres de leur famille proche dans la province du Khuzestan à majorité arabe sur une période de deux mois en 2003 (Middle East Times, 31 octobre 2003)
  • Des mutilations génitales féminines ont été signalées dans des pays asiatiques comme l'Inde, l'Indonésie, la Malaisie et le Sri Lanka, ainsi qu'au sein de communautés immigrées d'Australie (Nations unies, 2002)
  • En Inde, on estime à près de 15 000 chaque année le nombre d'assassinats (par le feu) liés à la dot. Dans la plupart des cas, il s'agit de feux de cuisine qui semblent être des accidents (Injustice Studies, Vol. 1, novembre 1997)
  • Des mutilations génitales féminines (MGF) sont pratiquées dans les communautés immigrées au Danemark, en France, en Italie, aux Pays-Bas, en Suède, en Suisse et au Royaume-Uni (Nations unies, 2002).

L'ÉTAT PEU ACTIF POUR PROTÉGER LES VICTIMES DE LA VIOLENCE CONTRE LES FEMMES
Les violences contre les femmes sont souvent passées sous silence. Différents facteurs empêchent les femmes de signaler les actes de violence dont elles sont victimes, comme la peur de représailles, le manque de moyens économiques, la dépendance émotionnelle, le souci des enfants et l'impossibilité d'obtenir réparation. Peu de pays prévoient une formation spécifique pour le personnel des forces de police, le personnel juridique et médical pour leur apprendre à gérer les cas de viol.

À travers le monde

  • De 20 à 70 p. cent des femmes victimes de violence n'en avaient jamais parlé à personne avant d'être interrogées dans le cadre de l'étude de l'OMS (OMS, Genève, 2002)
  • En Afrique du Sud, le taux de condamnation pour viol reste bas, de 7 p. cent en moyenne. Un tiers du nombre de viols estimés aurait été signalé en 2003 (rapport annuel de la police pour l'année se terminant en mars 2003)
  • En Égypte, 47 p. cent des femmes victimes de violences physiques n'en ont jamais parlé à personne (étude basée sur la population, 1999) (OMS, 2002)
  • Au Chili, seulement 3 p. cent des femmes violées signalent les faits à la police (OMS 2002)
  • Aux États-Unis, 16 p. cent des femmes signalent un viol à la police ; parmi celles qui ne le font pas, presque 50 p. cent déclarent qu'elles le feraient si elles étaient sûres que leur nom et les informations personnelles les concernant ne seront pas rendus publics (National Victim Center/Crime Victims Research and Treatment Center, 1992)
  • En Australie, 18 p. cent des femmes agressées physiquement sur une période de douze mois n'en ont jamais parlé à personne (étude basée sur la population, 1999)
  • Au Bangladesh, 68 p. cent des femmes n'ont jamais dit à personne qu'elles étaient battues (OMS, 2002)
  • En Autriche, 20 p. cent des cas de viol signalés se sont conclus par une condamnation dans les années 1990 (London Metropolitan University, 2003)
  • En Irlande, 20 p. cent des femmes agressées physiquement ont fait appel à la police (étude basée sur la population, 1999) (OMS, 2002)
  • Dans la Fédération de Russie, 40 p. cent des femmes victimes de violence à l'intérieur de la famille ne demandent pas l'aide de responsables chargés de l'application des lois (Fédération internationale Helsinki pour les droits de l'homme, Femmes 2000 : Russie)
  • Au Royaume-Uni, 13 p. cent des femmes violées ont signalé leur agression à la police (Joni Seager, 2003)

DES VIOLENCES EN TOUTE IMPUNITÉ
Les violences contre les femmes échappent souvent à tout contrôle et toute sanction. Certains pays n'ont pas de loi du tout, d'autres ont des lois imparfaites punissant certaines formes de violence mais en exemptant d'autres de toute sanction. Même avec une législation adéquate, de nombreux États n'appliquent pas la loi en totalité.

À travers le monde

  • En 2003, au moins 54 pays avaient des lois discriminatoires à l'égard des femmes (selon un rapport de la Rapporteuse spécial des Nations unies sur la violence contre les femmes).
  • Dans sa revue des pays pour la période 1994-2003, la Rapporteuse spéciale des Nations unies sur la violence contre les femmes a souligné des problèmes d'application de la loi dans presque tous les États passés en revue.
  • 79 pays n'ont aucune législation (ou aucune législation connue) en matière de violence domestique (UNIFEM, Not a Minute More [Pas une minute de plus], 2003).
  • Le viol conjugal n'est reconnu comme une infraction à part entière que dans 51 pays, d'après les informations disponibles à ce sujet (UNIFEM, 2003)
  • Seules 16 nations ont des lois faisant spécifiquement référence aux agressions sexuelles ; la violence contre les femmes ne relève de la justice pénale que dans trois pays : le Bangladesh, la Suède et les États-Unis (UNIFEM, 2003).
  • " L'honneur " est une méthode de défense institutionnalisée devant les juridictions pénales du Pérou, du Bangladesh, d'Argentine, d'Équateur, d'Égypte, du Guatémala, d'Iran, d'Israël, de Jordanie, de Syrie, du Liban, de Turquie, de Cisjordanie et du Vénézuéla (Nations unies, 2002).

VIH / SIDA
La violence contre les femmes est de plus en plus reconnue comme un sujet de préoccupation majeur en santé publique. La violence a une incidence sur la santé reproductive des femmes et sur d'autres aspects de leur bien-être mental et physique. La violence sexuelle contre les femmes a conduit à des taux plus élevés d'infection par le VIH/SIDA chez elles que chez les hommes de la même tranche d'âge.

À travers le monde

  • 51 p. cent de toutes les personnes infectées par le virus du SIDA (environ 20 millions de personnes) sont des femmes (UNIFEM, 2003)
  • À travers le monde, plus de la moitié des nouveaux cas d'infection par le virus du Sida concerne des jeunes gens âgés de 15 à 24 ans et plus de 60 p. cent des jeunes séropositifs sont des femmes dans le groupe des 15-24 ans (ONUSIDA, 2003)
  • 55 p. cent des 16000 cas nouveaux d'infection comptabilisés chaque jour sont des femmes (ONUSIDA, 2003)
  • Le SIDA est aujourd'hui l'une des principales causes de décès chez les femmes âgées de vingt à quarante ans dans plusieurs villes d'Europe, d'Afrique sub-saharienne et d'Amérique du Nord (ONUSIDA, 2003)
  • Trois millions de personnes sont mortes du maladies liées au SIDA en 2003 (ONUSIDA, 2003).

 




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