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Qu'entend-on
par violence contre les femmes ?
Amnistie
internationale fonde son travail sur la définition figurant
dans la Déclaration des Nations unies sur l'élimination
de la violence à l'égard des femmes :
Les
termes violence à l'égard
des femmes désignent tous actes de violence
dirigés contre le sexe féminin, et causant ou pouvant
causer aux femmes un préjudice ou des souffrances physiques,
sexuelles ou psychologiques, y compris la menace de tels actes,
la contrainte ou la privation arbitraire de liberté, que
ce soit dans la vie publique ou dans la vie privée.
La
violence fondée sur le genre est la violence exercée
contre une femme parce qu'elle est une femme ou celle qui touche
particulièrement les femmes.
Selon
certaines interprétations progressistes de cette définition,
les omissions - privations ou déni de soins - peuvent constituer
des actes de violence contre les femmes. L'on considère également
que la violence dirigée contre les femmes inclut la violence
structurelle (c'est-à-dire un préjudice découlant
de l'organisation de l'économie).
Les
actes de violence contre les femmes peuvent être physiques,
psychologiques ou sexuels.
La violence dans le cadre familial
Elle
revêt plusieurs aspects :
- les
coups et blessures volontaires infligés par un compagnon,
un père ou un frère ;
- les
violences sexuelles infligées à des fillettes
ou à des jeunes femmes par des membres de la famille
au sein du foyer ;
- la
violence liée à la pratique de la dot ;
- le
viol conjugal ;
- les
mutilations génitales féminines et les autres
pratiques traditionnelles préjudiciables aux femmes.
Elle
recouvre également les violences subies par les employées
de maison, y compris :
- la
réclusion forcée ;
- les
violences physiques ;
- les
pratiques s'apparentant à l'esclavage ;
- les
violences sexuelles.
La
violence dans le milieu social
Elle
comprend :
- le
viol et les autres formes de violence sexuelle, le harcèlement
sexuel sur le lieu de travail, dans les établissements
d'enseignement et dans les autres lieux ;
- la
traite des femmes ;
- la
prostitution forcée ;
- le
travail forcé ;
- le
viol et les autres formes de violence sexuelle commises par
des groupes armés.
La
violence imputable à l'État
Elle
comprend :
- les
actes de violence commis ou tolérés par des policiers,
des gardiens de prison, des militaires, des agents de la police
des frontières ou des services de l'immigration ;
- les
viols commis par les forces gouvernementales au cours de conflits
armés ;
- la
torture en détention ;
- les
actes de violence infligés à des réfugiées
par des fonctionnaires.

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Qui
en sont les victimes ?
Une
forme de violence universelle
Il
est facile de penser que les atteintes aux droits humains n'arrivent
qu'aux autres, particulièrement dans des régions où
sévit un conflit ou la répression. Or, en réalité,
la violence contre les femmes ne se limite pas à un système
politique ou économique en particulier : on la trouve dans
toutes les sociétés du monde et elle ignore les barrières
de la richesse, de la race ou de la culture. Elle touche aussi bien
les jeunes que les plus âgées. Où que l'on vive,
des femmes sont victimes de violences.
Des ravages à long terme
Les
conséquences de la violence contre les femmes vont bien au-delà
des souffrances physiques immédiates. Certaines femmes en
subissent toute leur vie les séquelles. Parfois, les femmes
qui ont été violées ont à supporter
une grossesse non désirée, sont infectées par
le VIH ou rejetées par leur communauté. Parmi les
effets à long terme de la violence à l'encontre des
femmes, on peut citer l'alcoolisme, la toxicomanie, la dépression,
d'autres formes de troubles mentaux et le suicide.
Des
répercussions à l'échelle de la société
Les
répercussions de la violence contre les femmes se font sentir
au niveau familial comme au niveau de la société.
Les enfants en pâtissent particulièrement.
La
violence, qu'elle soit effective ou à l'état de menace,
crée une atmosphère lourde où la peur est omniprésente
; elle limite l'horizon des femmes dans tous les domaines. Lorsque
la vie des femmes est ainsi étouffée par la peur et
la violence, la société s'en trouve appauvrie économiquement,
politiquement et culturellement.
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Grace
Patrick Akpan a été interpellée par des
policiers pour vérification d'identité à
Catanzaro, en Italie, en février 1996. Comme elle leur
déclarait être citoyenne italienne, ils lui ont
répondu qu'"une femme noire ne [pouvait] être
citoyenne italienne" et l'un d'eux l'a décrite
sur les ondes de la radio de police comme "une prostituée
de couleur". Elle a été brutalisée
par les policiers et a dû passer deux semaines à
l'hôpital après sa libération. En octobre
1999, plus de trois ans après, les policiers responsables
ont été déclarés coupables d'abus
de pouvoir et de mauvais traitements. Ils n'ont cependant
été condamnés qu'à deux mois de
mise à l'épreuve.
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Pourquoi
persiste-t-elle ?
Discrimination
La cause profonde de la violence à l'égard des femmes
réside dans la discrimination liée au genre - le refus
de l'égalité entre hommes et femmes dans tous les
aspects de la vie.
Les
femmes peuvent également être prises pour cible en
raison de leur race, de leur niveau social, de leur milieu culturel,
de leur identité sexuelle ou de leur contamination par le
VIH, ou encore parce qu'elles appartiennent à des milieux
pauvres ou marginalisés.
Domination
Certains hommes usent de la violence pour dominer les femmes, en
particulier à travers le contrôle de leur sexualité.
Les femmes qui ne se conforment pas aux normes en vigueur relatives
à la féminité s'exposent souvent à de
sévères châtiments.
Société
La violence contre les femmes n'est ni "naturelle" ni
"inévitable" ; elle persiste car la société
le permet. Quasiment chaque culture comprend une forme de violence
à l'égard des femmes qui passe pratiquement inaperçue
car elle semble normale ou acceptable.
Conflits armés
Dans les conflits armés, la violence contre les femmes est
souvent une arme de guerre : elle est utilisée pour les déshumaniser
ou pour persécuter la communauté à laquelle
elles appartiennent.
Les
femmes qui fuient leur domicile pour échapper à la
violence ou à un conflit, ou encore dans l'espoir de trouver
ailleurs une vie meilleure, risquent souvent, n'étant pas
assez ou pas du tout protégées, d'être maltraitées
ou exploitées.
Impunité
La violence contre les femmes se poursuivra tant qu'elle restera
cachée, jugée avec indulgence ou passée sous
silence par la société et les autorités, et
tant que les auteurs de ces violences ne seront pas soumis à
des sanctions.
| Dans
le Pendjab, au Pakistan, Mukhtaran Bibi, une
Pakistanaise âgée de trente ans, a été
condamnée en juin 2002 par un "tribunal tribal"
à subir un viol collectif. La condamnation sanctionnait
la "liaison illicite" de son frère cadet avec
une jeune fille d'une autre tribu considérée comme
supérieure dans la hiérarchie tribale. Plusieurs
centaines de villageois ont assisté au châtiment.
Ce n'est qu'après qu'un religieux local eut mentionné
l'affaire et qu'un journaliste s'en fut emparé que la
police locale est intervenue. |

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Sexualité
et violence
Pour
dominer les femmes, les hommes utilisent souvent un moyen très
efficace qui consiste à contrôler leur sexualité.
Celles qui transgressent les normes conventionnelles de la féminité
- telles que les lesbiennes ou les femmes qui ont fait le choix
de l'indépendance - s'exposent souvent à des châtiments
sévères. La sanction est fréquemment sexualisée,
comme dans le cas du viol par exemple.
Les
droits en matière de reproduction - le droit aux soins de
santé génésique et le droit à l'autonomie
en matière de procréation - sont essentiels pour les
femmes car ils leur permettent de choisir leur vie. Les femmes ont
le droit de décider librement et en toute responsabilité
du nombre de leurs enfants, de l'espacement de leurs naissances
et du moment de leur naissance. Elles ont droit à des soins
de la meilleure qualité possible en matière de santé
sexuelle et génésique. Cela suppose qu'elles puissent
avoir accès aux soins de santé ainsi qu'à des
informations et à une éducation en ce qui concerne
la contraception. Les femmes ont le droit de prendre des décisions
dans ce domaine en dehors de toute contrainte, de toute discrimination
et de toute violence.
| "Ils
m'ont enfermée dans une pièce et ils l'ont amené
chaque jour pour qu'il me viole et pour que je tombe enceinte
et que je sois forcée de l'épouser. Ils m'ont
fait cela jusqu'à ce que je me retrouve enceinte."
Témoignage d'une jeune lesbienne du Zimbabwe que sa famille
a enfermée et fait violer par un homme plus âgé
afin de "corriger" son orientation sexuelle. |

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Culture,
environnement social et violence
Partout
dans le monde, les fonctions et rôles sociaux des femmes sont
fixés. Chaque culture possède une façon caractéristique
de définir les rôles des deux sexes. Les femmes sont
presque toujours cantonnées dans des rôles secondaires
par rapport à ceux des hommes. Et la violence est fréquemment
utilisée pour faire respecter ces rôles.
Les
institutions sociales et politiques encouragent parfois la soumission
des femmes et les violences dont elles sont victimes. Certaines
traditions et pratiques culturelles - particulièrement celles
qui sont liées aux notions de pureté et de chasteté
- sont parfois invoquées pour expliquer ou excuser le traitement
infligé aux femmes. On trouve pratiquement dans toutes les
cultures des formes de violence contre les femmes, mais cette violence
est difficilement perceptible car elle passe pour "normale".
Le
comportement d'une femme est souvent considéré comme
reflétant les qualités de sa famille ou de son milieu
social. Si une femme semble outrepasser le rôle culturel qu'on
lui a attribué, elle peut être accusée d'avoir
jeté la honte et le déshonneur sur sa famille et sur
son milieu. La violence ou les menaces constituent alors une méthode
de sanction et de contrôle. Dans les cas les plus extrêmes,
la femme peut être défigurée ou même tuée.
Ces prétendus "crimes d'honneur" sont traités
avec une certaine indulgence dans le code pénal de nombreux
pays.
Même
dans les pays dont la législation criminalise la violence
contre les femmes, on constate que cette dernière est parfois
tolérée à tous les niveaux de la société.
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D'après
l'organisation non gouvernementale Human Rights Commission
of Pakistan (HRCP, Commission des droits humains du Pakistan),
qui a fondé son étude sur des rapports de police,
au moins 270 femmes ont été victimes de "crimes
d'honneur" - commis en général par leur
mari ou leur frère - en 2002, dans la seule province
du Pendjab.
Certaines
d'entre elles ont été tuées parce qu'elles
avaient protesté contre un mariage forcé ou
revendiqué le droit de choisir leur époux ;
et d'autres pour bien moins que cela, par exemple pour un
regard interprété comme la preuve d'une relation
illicite.
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Pauvreté
et violence
Partout
dans le monde, les femmes sont plus fréquemment victimes
de la pauvreté que les hommes. En outre, la pauvreté
qu'elles subissent est plus grande que celle des hommes, et un nombre
croissant de femmes en sont victimes. Les effets négatifs
de la mondialisation contraignent de plus en plus de femmes à
la marginalité.
La
pauvreté peut être à la fois la cause et la
conséquence de la violence contre les femmes. Quelle que
soit leur catégorie socio-économique, toutes les femmes
peuvent un jour être victimes, de la part de leur compagnon,
de violences physiques, sexuelles et psychologiques ou de privations.
Cependant, selon un rapport récent de l'Organisation mondiale
de la santé (OMS), les femmes vivant dans la pauvreté
représentent une part disproportionnée des victimes.
Le
manque d'autonomie économique, la privation du droit à
la propriété ou de l'accès au logement et la
crainte de perdre leur(s) enfant(s) font que peu de femmes se risquent
à affronter les terribles conséquences qu'entraînerait
leur décision de quitter une situation de violence ou de
tenter d'obtenir justice auprès d'un système judiciaire
parfois discriminatoire ou indifférent à leur égard.
| Flor,
travailleuse immigrée originaire des Philippines et âgée
de quarante-huit ans, travaillait en Arabie saoudite. Elle a
rapporté à Amnistie internationale qu'elle s'était
blessée au dos en tentant de s'enfuir du domicile d'un
employeur qui abusait d'elle. Après un séjour
trop court à l'hôpital, elle a été
emprisonnée pendant cinq mois. "Lorsque je suis
arrivée en prison, a raconté Flor, je ne pouvais
pas marcher, je devais ramper." |
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La
violence contre les femmes doit être prise en compte
Faits
et chiffres : synthèse
Les statistiques suivantes soulignent la gravité et l'ampleur
du problème de la violence contre les femmes à travers
le monde. Toutefois, ces chiffres ne reflètent pas l'étendue
de cette atteinte aux droits humains. Ils ne peuvent tout englober
et ne sont pas exhaustifs ; ils sont donc à interpréter
avec précaution. On constate un manque de recherches systématiques
et de statistiques sur la violence contre les femmes. De nombreuses
femmes n'en parlent pas - par honte, parce qu'elles craignent qu'on
ne les écoute avec scepticisme, qu'on ne les croit pas ou
par peur de nouvelles violences. Le fait qu'on ne parle pas de ce
problème dans certains pays et qu'on en parle abondamment
dans d'autres ne signifie pas qu'il s'agit d'un problème
spécifique à certains pays. Au contraire, cela souligne
la nécessité de faire des recherches plus approfondies,
afin d'étudier le phénomène et d'y remédier.

UN
VILLAGE MONDIAL
Comment la violence contre les femmes apparaîtrait-elle dans
un monde à l'échelle d'un village mondial de 1000
habitants ? (les chiffres sont basés sur des statistiques
des Nations unies, de l'OMS, et d'organisations gouvernementales
et non-gouvernementales).
- 500
sont des femmes. Ce devrait être 510, mais 10 ne sont pas
nées du fait des avortements sélectifs basés
sur le sexe du bébé à venir, ou sont mortes
dans les premières années de leur vie par manque
de soins;
- 300
sont des femmes asiatiques;
- 167
femmes seront battues ou exposées à des violences
au cours de leur vie;
- 100
femmes seront victimes de viol ou de tentative de viol durant
leur vie.

LES
FEMMES ET LA POPULATION
- 49,7
p. cent de la population mondiale sont des femmes : 3 132 342
000 femmes ; 3 169 122 000 hommes (Nations unies. Division
de la population).
- Au
moins 60 millions de filles qui auraient dû vivre "
manquent à l'appel " dans diverses populations du
fait d'avortements sélectifs liés au sexe du bébé
à naître ou d'un manque de soins, parce qu'elles
sont perçues comme moins importantes que les garçons
(E. Joni Seager, 2003).

VIOLENCE
AU SEIN DE LA FAMILLE
La violence au sein de la famille se présente sous différentes
formes - et va de l'agression physique (gifles, coups, coups de
pied) à la violence psychologique (intimidation, infantilisation
constante et humiliations, notamment sous forme de comportements
de contrôle, par exemple en isolant une personne de sa famille
et de ses amis, en contrôlant et restreignant ses mouvements
et son accès à l'information ou à toute forme
d'aide).
À
travers le monde
- Au
moins une femme sur trois, c'est-à-dire près d'un
milliard de femmes ont été battues, contraintes
à des rapports sexuels ou victimes de violence sous une
forme ou sous une autre au cours de leur vie. Habituellement l'auteur
des violences est un membre de leur famille ou quelqu'un de leur
connaissance (L.Heise, M. Ellsberg, M. Gottemoeller, 1999).
- Jusqu'à
70 p. cent des femmes victimes de meurtre ont été
tuées par leur partenaire homme (OMS 2002)
- Au
Kenya, plus d'une femme par semaine aurait été
tuée par son partenaire homme (Joni Seager, 2003)
- En
Zambie, cinq femmes par semaine auraient été
tuées par un partenaire homme ou un membre de leur famille
(Joni Seager, 2003)
- En
Égypte, 35 p. cent des femmes auraient déclaré
avoir été battues par leur mari au cours de leurs
années de mariage (UNICEF 2000)
- En
Bolivie,
17 p. cent de toutes les femmes âgées de vingt ans
et plus ont subi des violences physiques au cours des douze derniers
mois (OMS 2002)
- Au
Canada, le coût de la violence au sein de la famille,
calculé en incluant les soins médicaux et la perte
de productivité, s'élève à 1,6 milliard
de dollars par an (UNICEF 2000)
- Aux
États-Unis, une femme est battue par son mari ou partenaire
toutes les quinze secondes (étude des Nations unies
sur les femmes dans le monde, 2000)
- Au
Bangladesh, 50 p. cent de tous les meurtres commis sont ceux
de femmes assassinées par leur partenaire (Joni Seager
2003)
- En
Nouvelle-Zélande, 20 p. cent des femmes ont déclaré
avoir été frappées ou avoir été
victimes de violences physiques par un partenaire homme (UNICEF
2000)
- Au
Pakistan, 42 p. cent des femmes acceptent la violence comme
un fait de leur destin ; 33 p. cent se sentent impuissantes à
réagir ; 19 p. cent ont protesté et 4 p. cent ont
réagi en menant des actions (Étude gouvernementale
au Punjab en 2001)
- En
Fédération de Russie, 36 000 femmes sont battues
quotidiennement par leur mari ou partenaire, selon des organisations
russes non-gouvernementales (OMCT 2003)
- En
Espagne, une femme a été tuée tous les
cinq jours par son partenaire homme en 2000 (Joni Seager, The
Atlas of Women)
- Environ
deux femmes par semaine ont été tuées par
leur partenaire au Royaume-Uni (Joni Seager 2003)

VIOLENCE
SEXUELLE
Le viol est la forme la plus violente de violence sexuelle. Le viol
est également associé aux grossesses non désirées
et aux maladies sexuellement transmissibles, notamment le HIV/SIDA.
Toutefois, les viols sont souvent passés sous silence du
fait de la stigmatisation qu'ils impliquent et sont encore plus
souvent impunis.
À
travers le monde
- Une
femme sur cinq sera victime de viol ou de tentative de viol au
cours de sa vie (OMS 1997)
- En
Afrique du Sud, 147 femmes sont violées chaque jour
(South African Institute for Race Relations, 2003)
- Aux
États-Unis, une femme est violée toutes les
90 secondes (Ministère américain de la Justice,
2000)
- En
France, 25 000 femmes sont violées chaque année
(Lobby européen des femmes, 2001)
- En
Turquie,
35,6 p. cent des femmes subissent des viols conjugaux parfois
et 16,3 p. cent souvent (études publiées en 2000,
Women and sexuality in Muslim societies [Femmes et sexualité
dans les sociétés musulmanes], Éditions WWHR,
Istanbul, 2000)

LES
FEMMES ET LA GUERRE
La violence contre les femmes atteint des proportions épidémiques
lors des conflits. Les viols en masse sont fréquemment utilisés
de façon systématique, comme arme de guerre. De plus,
au cours des conflits, de nombreuses femmes sont contraintes économiquement
et physiquement à se prostituer, parfois pour pouvoir apporter
à leur famille les nécessités de base. La guerre
a également un impact sur les femmes d'une autre manière
- les femmes et les enfants constituent la majorité des réfugiés
et personnes déplacées.
À
travers le monde
- 80
p. cent des réfugiés sont des femmes et des enfants
(HCR, 2001)
- Des
millions de femmes et d'enfants se retrouvent pris dans 34 conflits
armés communautaires, ethniques, politiques et/ou internationaux
à travers le monde (selon toutes les instances actives
d'observation des conflits armés au 1er janvier 2003, CSP
- Centre for Systemic Peace)
- Des
trafics de femmes et de jeunes filles ont été signalés
dans 85 p. cent des zones de conflit (Save the Children, 2003)
- En
République démocratique du Congo, 5000 cas de
viols, ce qui correspond à une moyenne de 40 par jour,
ont été enregistrés dans la région
d'Ulvira par des associations de femmes depuis octobre 2002 (Nations
unies, 2003)
- Au
Rwanda, entre 250000 et 500000 femmes, soit environ 20 p.
cent des femmes ont été violées durant le
génocide de 1994 (rapport de la Croix-Rouge internationale,
2002)
- En
Sierra Leone,
94 p. cent des foyers déplacés interrogés
avaient subi des agressions sexuelles, notamment des viols et
des actes de torture ou avaient été soumis à
un esclavage sexuel (Physicians for Human Rights (Médecins
pour les droits de l'homme), 2002)
- En
Irak, au moins 400 femmes et jeunes filles, certaines âgées
de huit ans seulement, auraient été violées
à Bagdad pendant ou après la guerre, depuis avril
2003 (enquête de Human Rights Watch, 2003)
- Tous
les 14 jours une femme colombienne est victime de "
disparition forcée " selon le rapport 2001 du Groupe
de travail sur les femmes et les conflits armés (Fonds
de développement des Nations unies pour la femme, UNIFEM,
2001)
- Environ
250 000 Cambodgiennes ont été contraintes
au mariage entre 1975 et 1979. En moyenne, deux mariages de groupe
pourraient avoir eu lieu dans chaque village cambodgien sous le
régime des Khmers rouges (UNIFEM)
- En
Bosnie-Herzégovine, entre 20 000 et 50 000 femmes ont
été violées au cours des cinq mois de conflit
en 1992 (IWTC, International Women's Tribune Centre (Centre
de la tribune internationale de la femme, CITF, Women's GlobalNet
#212, 23 octobre 2002).
- Dans
certains villages du Kosovo, 30 à 50 p. cent des
femmes en âge d'avoir des enfants ont été
violées par des hommes des forces serbes (Amnistie internationale,
27 mai 1999).

PRATIQUES
NÉFASTES
Dans presque toutes les cultures du monde, on trouve des formes
de violence contre les femmes qui sont presque invisibles tellement
elle semblent " normales " ou " habituelles ".
À travers le monde
- Plus
de 135 millions de petites filles et de femmes ont subi des mutilations
génitales et deux autres millions risquent chaque année
de subir le même sort (6000 femmes et fillettes par jour)
(Nations unies, 2002)
- 82
millions de filles actuellement âgées de dix à
dix-sept ans seront mariées avant leur dix-huit ans (Fonds
des Nations unies pour la population)
- Dans
plus de 28 pays d'Afrique, on pratique les mutilations génitales
féminines (Amnistie internationale, 1997)
- Au
Niger, 76 p. cent des jeunes femmes les plus pauvres seront
mariées avant leurs dix-huit ans (Fonds des Nations
unies pour la population, 2003)
- 97
p. cent des femmes mariées en Égypte âgées
de 15 à 49 ans ont subi des mutilations génitales
(enquête OMS, 1996)
- En
Iran, 45 femmes de moins de vingt ans ont été
tuées dans ce qu'on qualifie de " crimes d'honneur
", par des membres de leur famille proche dans la province
du Khuzestan à majorité arabe sur une période
de deux mois en 2003 (Middle East Times, 31 octobre 2003)
- Des
mutilations génitales féminines ont été
signalées dans des pays asiatiques comme l'Inde, l'Indonésie,
la Malaisie et le Sri Lanka, ainsi qu'au sein de communautés
immigrées d'Australie (Nations unies, 2002)
- En
Inde, on estime à près de 15 000 chaque année
le nombre d'assassinats (par le feu) liés à la dot.
Dans la plupart des cas, il s'agit de feux de cuisine qui semblent
être des accidents (Injustice Studies, Vol. 1, novembre
1997)
- Des
mutilations génitales féminines (MGF) sont pratiquées
dans les communautés immigrées au Danemark, en
France, en Italie, aux Pays-Bas, en Suède, en Suisse et
au Royaume-Uni (Nations unies, 2002).

L'ÉTAT
PEU ACTIF POUR PROTÉGER LES VICTIMES DE LA VIOLENCE CONTRE
LES FEMMES
Les
violences contre les femmes sont souvent passées sous silence.
Différents facteurs empêchent les femmes de signaler
les actes de violence dont elles sont victimes, comme la peur de
représailles, le manque de moyens économiques, la
dépendance émotionnelle, le souci des enfants et l'impossibilité
d'obtenir réparation. Peu de pays prévoient une formation
spécifique pour le personnel des forces de police, le personnel
juridique et médical pour leur apprendre à gérer
les cas de viol.
À
travers le monde
- De
20 à 70 p. cent des femmes victimes de violence n'en avaient
jamais parlé à personne avant d'être interrogées
dans le cadre de l'étude de l'OMS (OMS, Genève,
2002)
- En
Afrique du Sud, le taux de condamnation pour viol reste bas,
de 7 p. cent en moyenne. Un tiers du nombre de viols estimés
aurait été signalé en 2003 (rapport annuel
de la police pour l'année se terminant en mars 2003)
- En
Égypte, 47 p. cent des femmes victimes de violences
physiques n'en ont jamais parlé à personne (étude
basée sur la population, 1999) (OMS, 2002)
- Au
Chili, seulement 3 p. cent des femmes violées signalent
les faits à la police (OMS 2002)
- Aux
États-Unis, 16 p. cent des femmes signalent un viol
à la police ; parmi celles qui ne le font pas, presque
50 p. cent déclarent qu'elles le feraient si elles étaient
sûres que leur nom et les informations personnelles les
concernant ne seront pas rendus publics (National Victim Center/Crime
Victims Research and Treatment Center, 1992)
- En
Australie, 18 p. cent des femmes agressées physiquement
sur une période de douze mois n'en ont jamais parlé
à personne (étude basée sur la population,
1999)
- Au
Bangladesh, 68 p. cent des femmes n'ont jamais dit à
personne qu'elles étaient battues (OMS, 2002)
- En
Autriche, 20 p. cent des cas de viol signalés se sont
conclus par une condamnation dans les années 1990 (London
Metropolitan University, 2003)
- En
Irlande, 20 p. cent des femmes agressées physiquement
ont fait appel à la police (étude basée sur
la population, 1999) (OMS, 2002)
- Dans
la Fédération de Russie, 40 p. cent des femmes
victimes de violence à l'intérieur de la famille
ne demandent pas l'aide de responsables chargés de l'application
des lois (Fédération internationale Helsinki pour
les droits de l'homme, Femmes 2000 : Russie)
- Au
Royaume-Uni, 13 p. cent des femmes violées ont signalé
leur agression à la police (Joni Seager, 2003)

DES
VIOLENCES EN TOUTE IMPUNITÉ
Les
violences contre les femmes échappent souvent à tout
contrôle et toute sanction. Certains pays n'ont pas de loi
du tout, d'autres ont des lois imparfaites punissant certaines formes
de violence mais en exemptant d'autres de toute sanction. Même
avec une législation adéquate, de nombreux États
n'appliquent pas la loi en totalité.
À
travers le monde
- En
2003, au moins 54 pays avaient des lois discriminatoires à
l'égard des femmes (selon un rapport de la Rapporteuse
spécial des Nations unies sur la violence contre les femmes).
- Dans
sa revue des pays pour la période 1994-2003, la Rapporteuse
spéciale des Nations unies sur la violence contre les femmes
a souligné des problèmes d'application de la loi
dans presque tous les États passés en revue.
- 79
pays n'ont aucune législation (ou aucune législation
connue) en matière de violence domestique (UNIFEM,
Not a Minute More [Pas une minute de plus], 2003).
- Le
viol conjugal n'est reconnu comme une infraction à part
entière que dans 51 pays, d'après les informations
disponibles à ce sujet (UNIFEM, 2003)
- Seules
16 nations ont des lois faisant spécifiquement référence
aux agressions sexuelles ; la violence contre les femmes ne relève
de la justice pénale que dans trois pays : le Bangladesh,
la Suède et les États-Unis (UNIFEM, 2003).
- "
L'honneur " est une méthode de défense institutionnalisée
devant les juridictions pénales du Pérou, du Bangladesh,
d'Argentine, d'Équateur, d'Égypte, du Guatémala,
d'Iran, d'Israël, de Jordanie, de Syrie, du Liban, de Turquie,
de Cisjordanie et du Vénézuéla (Nations
unies, 2002).

VIH
/ SIDA
La violence contre les femmes est de plus en plus reconnue comme
un sujet de préoccupation majeur en santé publique.
La violence a une incidence sur la santé reproductive des
femmes et sur d'autres aspects de leur bien-être mental et
physique. La violence sexuelle contre les femmes a conduit à
des taux plus élevés d'infection par le VIH/SIDA chez
elles que chez les hommes de la même tranche d'âge.
À
travers le monde
- 51
p. cent de toutes les personnes infectées par le virus
du SIDA (environ 20 millions de personnes) sont des femmes (UNIFEM,
2003)
- À
travers le monde, plus de la moitié des nouveaux cas d'infection
par le virus du Sida concerne des jeunes gens âgés
de 15 à 24 ans et plus de 60 p. cent des jeunes séropositifs
sont des femmes dans le groupe des 15-24 ans (ONUSIDA,
2003)
- 55
p. cent des 16000 cas nouveaux d'infection comptabilisés
chaque jour sont des femmes (ONUSIDA, 2003)
- Le
SIDA est aujourd'hui l'une des principales causes de décès
chez les femmes âgées de vingt à quarante
ans dans plusieurs villes d'Europe, d'Afrique sub-saharienne et
d'Amérique du Nord (ONUSIDA, 2003)
- Trois
millions de personnes sont mortes du maladies liées au
SIDA en 2003 (ONUSIDA, 2003).

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